J-1: Grand Saut et fin du calvaire préparatoire

Et voilà, dissizite comme on dit dans les films américains : demain c’est le décollage pour une  proto-nouvelle vie et, miracle ou organisation exceptionnelle, j’ai réussi à tout boucler avant le départ.

D’ailleurs pour un flemmard de la paperasse comme moi, ça a été loin d’être une partie de plaisir puisque cette désinscription en règle de la vie française implique beaucoup de lecture, beaucoup d’écriture, beaucoup de photocopies/scans/impressions et enfin renouer le contact avec le bureau de poste. Oui parce que par internet voire le téléphone, ça serait bien trop simple et pas assez cher de toute façon.

Petite liste non exhaustive des démarches accomplies, parce que j’aime bien me plaindre:

1- Quitter son appart’. En plus il faut être dispo et faire du MÉNAGE pour les visites des potentiels locataires suivants qui de toute façon se feront un plaisir de dégueulasser le carrelage de la salle de bain avec leurs pompes crades lors de la visite.

2- Quitter son job avec une jolie lettre de départ et une pointe de self-control pour se retenir de balancer des trucs à la gueule des chefs pas cool en mode « j’ai plus rien à perdre lol ». Au passage, des bises aux charmantes collègues qui m’ont organisé un départ en fanfare.

3- Disparaître de la vie administrative française. Hé oui, on est obligé de tout résilier quand on veut vivre ailleurs, alors tout y passe: Les impôts, la sécu, EDF, l’assurance, l’opérateur mobile, internet, le pass Navigo, la carte UGC et le compte bancaire (bon, en fait un livret inutilisable quand fiscalisé en France). 55 euros de courriers en recommandé, quand même.

4- Récupérer le pognon partout où il se trouve: débloquer l’épargne salariale, encaisser le solde de tout compte de la démission puis revendre l’électro-ménager et récupérer le chèque de caution de l’appart en fin de vie. Encore des papiers, des appels téléphoniques et des courriers en recommandé, tout ça pour s’apercevoir que ça suffira même pas à financer le jet privé que j’avais prévu d’acquérir.

5- Acheter le billet d’avion, et découvrir qu’un aller simple coûte environ le triple d’un aller-retour. Tant pis, y’aura un siège vacant dans l’autre sens ou alors Air France aura au moins expliqué comment ils font pour faire du bénef’ avec la surréservation.

6- Souscrire une assurance privée pour la totalité du voyage. Perso j’ai opté pour une assurance abordable et relativement visible sur les forums. Pas de sécurité sociale ou quelconque aides pour un étranger qui débarque au Japon, alors faut sortir le porte-monnaie, réduisant encore un peu plus au passage le budget pour le futur jet privé dont l’acquisition avait déjà été repoussée.

7- Changer des Euros en Yen dans le seul bureau de change de Paris qui t’arnaque pas lors de la transaction. Alors eux, ils sont vraiment super cool.

8- Trouver un appart’ sur place en slalomant entre les guesthouses miteuses, les prix exorbitants, les agences fermées aux non-japonais ou les arrondissements de Tokyo qui prendraient cher en cas de séisme magnitude 7+ (HAHA personne n’y avait pensé à celle-là hein??? Petite vidéo pour illustrer ici).

9- Dans la foulée, s’enquérir des différentes démarches à effectuer sur place au départ: acquisition de la carte de résident, ouverture d’un compte bancaire, se signaler à l’ambassade ou encore dénicher un forfait téléphonique à moins de 80 euros par mois (ouais, ça rigole pas là bas.)

10- Faire la tournée des potes pour les adieux de mise, ce qui implique une organisation de ministre star du show-biz malgré les rires moqueurs dont j’ai fait l’objet à de nombreuses reprises sur ma « prétendue indisponibilité ». J’ai d’ailleurs utilisé un agenda pour la première fois de ma vie.

11- Préparer le PC portable à un voyage d’un an, je veux même pas calculer le nombre de semaines que ça m’a pris en téléchargements et stockage divers et variés. Téléchargements tout à fait légaux, je précise.

12- Faire les valises, en abandonnant à peu près 95% de ce que j’aurais voulu emmener avec moi. Adieu mes Dolce Gusto et PS3 d’amour… Dieu que ça a été dur de tout faire rentrer.

Ma maison volante.

Ma maison volante.

Quel sentiment de plénitude lorsqu’enfin j’ai pu rayer la dernière entrée de ma liste sur le bloc note… Cette brosse à dent de voyage pliante restera à jamais le symbole de l’aboutissement d’un projet de vie, une ode à la liberté et la rébellion contre les codes de notre société étouffante.

Mais maintenant que je suis posé sans plus rien avoir à faire, je comprends que noyé par l’organisation qu’impliquait mon départ, je n’avais jusque là pas eu le temps de réaliser vraiment ce à quoi j’étais en train de me préparer, une peu comme si ce que je faisais pouvait être réversible sur un simple coup de tête. Une sorte de jeu vidéo où on sait que même si on foire son saut et qu’on atterrit dans la lave, on recommence à la dernière sauvegarde et qu’au final c’est pas trop grave si on échoue…
Des années derrière un PC pour nous préparer si bien à la vie c’est quand même super beau, faut être honnête.

Au revoir France.
Bonjour Japon.

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